Une fuite majeure dans les services secrets des Etats-Unis révèle au monde le vrai visage de l’occupation de l’Afghanistan par l’OTAN : massacres de civils, utilisation massive de drones, escadrons de la mort... Un bourbier sanglant dont le peuple afghan est le premier à souffrir.
Quand les généraux se mettent à avoir des états d’âme, c’est que les batailles sont bien mal engagées. Après les confidences du général Stanley Mc Chrystal au magazine Rolling Stone, c’est au tour d’un officier français, le général Vincent Desportes, enseignant à l’Ecole de guerre de Paris, d’exprimer publiquement ses doutes quant à la conduite de la guerre en Afghanistan.
Le 16 avril, à Paris, le général McChrystal, patron des forces de l’OTAN en Afghanistan, a déclaré que la fin de la guerre n’était pas en vue avant longtemps. Sans préciser le nombre d’années. C’est gai.
Des représentants du gouvernement Afghan ont déclaré qu’au moins 33 civils avaient été massacrés par une attaque aérienne de l’OTAN contre un convoi de véhicules en Uruzgan, une province au sud du pays.
L’attaque simultanée lancée lundi par des commandos-suicides sur plusieurs objectifs à Kaboul n’a pas seulement une signification militaire. Il s’agit bien entendu également d’un message politique. Les talibans, qui multiplient les opérations contre les forces occidentales, démontrent leur capacité à frapper des cibles diversifiées et à mener une stratégie pluridimensionnelle.
L’officier français grièvement blessé, lundi 11 janvier, lors d’une attaque en Afghanistan qui avait déjà causé la mort d’un sergent-chef du 402ème régiment d’artillerie, est mort à son tour, portant à 38 le nombre de soldats français tués depuis le début de l’intervention des troupes de l’OTAN en 2001.
Soldat courage, l’homme de troupe anglais, le caporal Joe Glenton, encourt aujourd’hui deux ans de prison au motif de désertion en Afghanistan.
D’autres innocents vont mourir, de nouveaux réfugiés vont s’ajouter aux deux millions de « personnes déplacées de l’intérieur ».
Le grand reporter Martin Smith a suivi pour la chaine publique américaine PBS la guerre menée par les Marines de la compagnie Echo aux confins de la province de Helmand, qui selon le général McChrystal a « été reprise trois fois des mains des talibans. »
Le 7 septembre, l’ONG humanitaire suédoise Swedish Committee for Afghanistan a informé qu’une semaine auparavant des soldats US avaient mené un raid dans un de leurs hôpitaux.