فداك أبي وأمي يا رسول الله

Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine

vendredi 25 avril 2008

“Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mohammad ? “

Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux.

Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes...

Sa patience dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, son triomphe après le tombeau attestent plus qu’une imposture, une conviction.

Ce fut cette conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme.

Ce dogme était double, l’unicité de Dieu et l’immatérialité de Dieu ; l’un disant ce que Dieu est, l’autre disant ce qu’il n’est pas : l’un renversant avec le sabre des dieux mensongers, l’autre inaugurant avec la parole une idée !

“Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel,

Voilà Mohammad ! à toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut le plus grand ?`

LAMARTINE, Histoire de la Turquie, Paris, 1854. Tome 1 et Livre 1-p.280

Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869, a été un poète, un écrivain, un historien et un homme politique français. Il appartient au mouvement romantique (sa poésie lyrique incarne une idéalisation de la nature). Sa première éducation se fit au château paternel de Milly, sous la surveillance d’Alix de Lamartine, une mère végétarienne [1]qui « ne lui demandait que d’être vrai et bon ». Après avoir achevé ses études au collège de Belley dirigé par des jésuites, il voyagea jusqu’à la chute de l’Empire – particulièrement en Italie (1811) – et entra en 1814 dans les gardes du corps du roi Louis XVIII.

Atteint de troubles hépatiques, il passe le mois d’octobre 1816 à Aix-les-Bains où il rencontre Julie Charles, malade de la poitrine. Les deux jeunes gens se plaisent à flâner ensemble au bord du lac du Bourget. L’été suivant, Julie, trop souffrante, ne peut rejoindre le poète qui, désespéré, écrivit plusieurs poèmes, dont Le Lac, qui contribue à le faire connaître. Le décès de Julie lui inspire également en 1826 Le Retour, une épître en vers à la gloire de Xavier de Maistre.

S’ennuyant, il s’adonna à l’écriture et quitta son service lors de la Seconde Restauration puis, après quelques années d’une vie un peu décousue et éparse, il fit paraître en 1820 ses Méditations poétiques qui, du jour au lendemain, le consacrèrent grand poète. Son succès dépassa toutes ses espérances et il s’en vendit environ quarante-cinq mille exemplaires en quatre ans.

Le 5 juin 1820, Lamartine épouse à Chambéry Mary-Anne-Elisa Birch, une jeune anglaise protestante.

Trois ans après, il fait paraître les Nouvelles Méditations poétiques puis La Mort de Socrate, le Dernier Chant du pèlerinage de Child Harold. _ En 1825, il reçut la croix de la Légion d’honneur. En 1829 parurent les Harmonies poétiques et religieuses. Succédant à Pierre Daru, Lamartine fut élu le 5 novembre de la même année à l’Académie française, au fauteuil numéro 7.

Après un voyage fastueux en Orient,la mort de sa fille va modifier sa foi. Il s’engage dans le combat politique, envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque, il se fit nommer député en Lamartine1833 de Bergues et joua dans la Chambre le rôle d’un orateur poète que la générosité de son cœur et l’élévation de la pensée mettent au-dessus des partis. Il y présente de nombreuses interventions comme l’abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l’assistance. Le 2 mai 1834, il prononce un discours célèbre pour la colonisation de l’Algérie, conquise quatre ans plus tôt.

Il publia successivement : Voyage en Orient (1835), Jocelyn (1836), la Chute d’un ange (1838), Recueillements poétiques (1839). Se tournant ensuite du côté de l’histoire, il composa ses Girondins (1847).

Un peu plus tard, il se mit à la tête du mouvement révolutionnaire. Devenu influent et affichant son opposition au régime du roi Louis Philippe, il est l’un des acteurs des journées de la Révolution de 1848 et devient ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Provisoire. Jacques Charles Dupont de l’Eure, chef du Gouvernement de février à mai, lui délègue du fait de son grand âge l’essentiel de ses prérogatives. Il devient membre de la Commission exécutive qui assume collectivement les fonctions de chef de l’État. Il fut aussi l’un des protagonistes de l’abolition de l’esclavage. Le discours qu’il prononça le 25 février 1848 contre le drapeau rouge est resté célèbre. Impuissant, le 15 mai, à prévenir l’invasion de l’Assemblée nationale, les journées de Juin lui portèrent le coup de grâce. Il ne fut nommé à l’Assemblée nationale que dans une élection partielle.

Le coup d’État de décembre et l’avènement du Second Empire mettent fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l’exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l’écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques.

Ses principaux ouvrages après 1848 sont : les Confidences (1849), Geneviève (1851), le Tailleur de pierre de Saint-Point (1851), Graziella (1852) et Cours familiers de littérature (1856).

Ruiné, il finit par accepter du gouvernement impérial une dotation d’un demi million de francs (1867). Il mourut deux ans après dans un chalet de Passy que la ville de Paris avait mis à sa disposition.

En 1869, sa famille refusa les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

Son tombeau, restauré en 1988, est situé sur la place de l’église de Saint-Point en Saône-et-Loire. Il est adossé au mur d’enceinte du château de Saint-Point, bâtisse des XIIe et XVe siècles que le chevalier de Pratz, père d’Alphonse, acquit à l’état d’abandon en 1801 et qu’il mit dans la corbeille de mariage de son fils en 1820. À partir de mai 1823, le château de Saint-Point devint la demeure familiale du poète, durant toute sa vie. En 1829, il fit ériger au fond du parc, près de la petite église romane, un caveau où reposent ses deux enfants, sa mère, sa belle-mère, sa femme et lui-même. La dernière personne inhumée fut Valentine de Cessiat de Lamartine.

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Voir en ligne : Lamartine

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